
Né en 1910, près d’Odessa dans l’actuelle Ukraine, David Malkin commence sa formation de peintre et de sculpteur à l’âge de douze ans.
Au moment d’émigrer en Palestine (sous mandat britannique) en 1934 pour travailler dans un kibboutz, il privilégie la sculpture figurative comme principal mode d’expression.
En 1936, il s’installe à Haïfa, puis à Jérusalem, et réalise sa première exposition personnelle en 1938 dans la prestigieuse Schlosser Gallery.
Il s’enrôle comme volontaire dans l’unité juive de la VIIIe armée britannique en 1942 et se distingue dans la première compagnie de camouflage grâce à ses compétences de menuisier et de plasticien.
A la fin de la guerre, Malkin bénéficie d’une bourse d’études à l’Académie des Beaux-Arts de Florence, en Italie.
En 1950, il reçoit le premier Prix de sculpture de l’Académie et s’établit en Toscane. Il travaille sur commission comme sculpteur figuratif puis entreprend de créer des compositions de lettres hébraïques.
En 1955, Malkin s’installe à Paris où il participe à l’activité fébrile du légendaire quartier du Montparnasse. Il fréquente l’atelier d’André Lhote et s’impose rapidement parmi les artistes de la seconde Ecole de Paris. C’est à cette époque que Malkin abandonne progressivement la sculpture pour devenir un peintre abstrait qui développe un univers cohérent et maîtrisé.
Aujourd’hui, David Malkin est classé comme peintre non figuratif dont l’œuvre explore les thèmes de la spiritualité juive et de la condition humaine.
Sa peinture se distingue par des compositions denses et musicales d’une grande richesse coloristique, d’où se dégagent des masques envoûtants, des silhouettes hassidiques éthérées, ainsi que des caractères hébraïques stylisés.
David Malkin peint sur du papier japonais, du papier velours ou cartonné, strié, ondulé, ou métallisé.
Il se démarque volontairement des usages en choisissant de petits formats atypiques.
Ses œuvres sont très rarement datées. Elles sont répertoriées par tranche de 5 ou 10 ans, d’après l’évolution de son style et de ses périodes.
Depuis 1987, les œuvres de David Malkin sont régulièrement exposées à la Galerie Arnoux à Paris.
Il a aussi participé à de nombreux salons et expositions de groupe (Réalités Nouvelles, Salon d’Art sacré, FIAC, Artparis et St’Art-Foire d’art Contemporain de Strabourg).
Les sculptures et les peintures de Malkin se trouvent dans des collections privées en Grande-Bretagne, Israël, Italie, France, au Japon, Canada et Etats-Unis.
"Malkin fait éclater la figure en mille fragments qui deviennent étincelles de lumière aptes à dévoiler des morceaux d'invisible. Selon Klee, l'art ne reproduit pas le visible, il rend visible. Pour Kandinsky, toute chose est périssable et "ce qui reste de la vie, c'est l'esprit". [...] Le spirituel, pour Malkin, peut prendre corps, devenir couleur, se transformer en lumière."
Paolo Lolo, psychanalyste, philosophe et chercheur. Extrait de "Passages secrets de la psychanalyse" de Paolo Lolo psychanalyste, philosophe et chercheur, Paris, Erès, 2017, pp.17-18
"David Malkin va peu à peu confondre la lettre archétype de l'alphabet hébraïque, créée dans ses sculptures, à celle des Hassidim. Ayant les mêmes signifiants, ces deux signifiants sont équivalents et peuvent par conséquent cohabiter ou être interchangeables selon les œuvres, sans changer de signifié"
Brigitte Haus, historienne de l'art. Dans "David Malkin : du profane au sacré", Cahiers Bernard Lazare, n°238-239, Sept-Oct 2003
"Malkin is a master colorist, often working in somber yet jewel-like tones that resonate in relationship to one another, as in the piece illustrated with this review, in which various depths and hues of blue seem to elide with notes of gray and beige, a stripe of orange, a dot of yellow, light pink and darker army green, all rendered with lovely delicacy, spontaneity and transparency, yet projecting great confidence and inevitability. This untitled work is typical of Malkin’s efforts in its overall composition with a focus on a kind of floating sequence of gestures and figures, assembled, you might say, in a series of square or rectangular tesserae, beautifully connected through a particular intensity of instinct, perception and craft."
Fredric Koeppel, écrivain et critique d'art - Special to The Commercial Appeal - Memphis Tennesse (USA) 22 févier 2022
"S'il poursuit inlassablement le même thème, David Malkin va le traduire différemment selon les années qui passent. C'est cette évolution, dans une expression essentiellement personnelle, qui crée la curiosité d'abord, puis l'attachement, l'admiration et l'éblouissement devant tant se clarté brusquement révélée."
Marina Madelin dans Actualités des Arts n°7 - Automne 1985, p.53
"La résonance de l'âme apparaît grâce à l'esthétique paradoxale des nuances que David Malkin crée. Ses tonalités claires, précieuses, subtiles, presque transparentes, nous surprennent par leur dualité. Parfois, elles rayonnent de sérénité. A d'autres moments, elles communiquent la force d'une souffrance, d'un doute tourmenté."
Yona Brahmy dans Techni'Art Journal, rubrique What's in Paris - sept 1991
"Ses toiles révèlent, à travers une technique parfaitement maîtrisée, une riche sensibilité orientée vers une spiritualité religieuse. [...] Par ailleurs, le peintre se plait à évoquer à travers un style différent tout un univers intérieur perçu à travers un clavier de constructions aux formes géométriques dont les teintes claires et douces suggèrent un monde de sérénité, s'ouvrant vers l'infini."
Samuel Abramovitsch, extrait de l'article "Pinceaux de David Malkin" paru dans L'Arche, sept 1983
"David Malkin fait éclater la figure en mille fragments, étincelles de lumière révélant l'invisible. [...] Malkin est un maître du signe et de la lettre cachée. Le langage des formes et des couleurs semble parfois chercher une traduction dans un langage alphabétique. Des lettres hébraïques apparaissent dans ses compositions, apportant leur charge de sens et d'énigme."
Paolo Lolo, psychanalyste, philosophe et chercheur - Préface du catalogue "David Malkin Peintures des années 50 à 90" en février 2007
"Ces peintures de petits formats provoquent l'admiration pour un artiste singulier, secret, que nous retrouvons avec plaisir à la galerie Arnoux. [...] Ses recherches picturales intenses s'allient à son sens de la couleur et à un esprit synthétique. On peut y voir une sorte de désespérance intime, née du déracinement qui, toutefois, n'exclut jamais la vie."
Patrick-Gilles Persin, historien et critique d'art, dans L'Oeil, n°464, sept 1994