Florence

En 1947, sculpteur déjà accompli,  David Malkin reçoit une bourse qui lui permet de s’inscrire en 4ème année à l’Académie des Beaux-Arts de Florence (Italie), afin de se perfectionner en sculpture classique et d’approfondir ses connaissances en anatomie.

 

Il y retrouve Maddalena qu’il avait rencontrée en 1945 lors de sa démobilisation. Ce véritable coup de foudre bouleverse leur vie.

 

Le choix de Maddalena de vivre avec un artiste, juif, étranger, marié et sans fortune, lui vaut d’être bannie et déshéritée par sa famille, bourgeoise et catholique pratiquante. Elle décide de se convertir au judaïsme et adopte le prénom Ruth.

 

En 1950, David reçoit le prix de l’Académie des Beaux-Arts. La même année, ils se marient, après le divorce de David. Leur fille Shira naît en 1953.

 

David et Ruth mènent une vie de bohème dans cette période d’après-guerre,  au sein d’une communauté internationale d’artistes et d’intellectuels. Ils sont proches du sculpteur Giacomo Manzù et des peintres Carlo Carrà et Massimo Campigli.

 

En 1951, à Rome, à la galerie Il Numero, ses sculptures sont exposées aux côtés des tableaux de son ami israélien Mordechai Levanon. 

En 1952, il participe à l’exposition collective « Mezzo Secolo di Arte Toscana » au Palazzo Strozzi.

 

En 1955, il a deux expositions personnelles successives dans les galeries Il Numero et La Cava.

 

Bien qu’heureux en Italie, David aspire à renouer avec ses racines. En effet, il est bouleversé à la fois par son absence lors de la création de l’État d’Israël en 1948 et par la découverte des circonstances du décès de sa mère, de Lazar et de Bethia, victimes de la Shoah par balles.

 

Ce profond tourment le motive à créer la maquette d’un monument à la mémoire des victimes de l’Holocauste, qui n’a malheureusement pas pu être réalisé.

 

C’est dans ce contexte douloureux qu’il commence une série de sculptures à base de lettres hébraïques. Deux d’entre elles se composent d’un verset d’un Psaume de David. L’une  « Les fleuves vont applaudir », et l’autre « Les montagnes vont se réjouir. »

 

Parallèlement, le couple décide d’immigrer en Israël en passant d’abord par Paris où vivent deux des sœurs de David qui avaient réussi à échapper aux rafles des juifs durant l’occupation.