Jérusalem

Portrait du poète yiddish Uri Zvi Grinberg

Après la guerre de 14-18, la Bessarabie est annexée par la Roumanie. C’est ainsi que David  Malkin fait son service militaire dans un régiment d’artillerie lourde de l’armée roumaine.

En réaction à l’antisémitisme croissant en Europe de l’Est, il s’engage, comme beaucoup de jeunes juifs de sa génération, à préparer son Aliyah. Il est chef de cellule dans le mouvement de jeunesse socialiste laïque Hashomer Hatzaïr, de 1928 à 1934.

 

Il apprend le métier de menuisier pour contribuer à la construction du futur état d’Israël.

 

En 1934, il devient un membre actif du kibboutz Daliah à Magdiel. Il travaille le jour dans une orangeraie et la nuit, comme gardien dans une baraque aménagée pour réaliser ses sculptures. Ce travail intensif l’épuise.

 

Ainsi, lorsqu’on lui demande au bout de deux ans de choisir entre son art et son investissement au sein du kibboutz, David décide de partir s’installer à Haïfa. Il y gagne sa vie en tant qu’artisan ouvrier tout en poursuivant son travail de sculpteur.

 

En 1938, il s’installe à Jérusalem près de Mea Shearim, le quartier des hassidim. Bien des années plus tard, ces religieux ultra orthodoxes inspireront un thème récurrent de son œuvre picturale.

Portrait d'un officier britannique

David Malkin s’implique profondément dans la vie culturelle et artistique de cette nation en devenir. Il réalise des portraits et des bustes de ses amis, dont le poète yiddish Uri Zvi Grimberg, l’actrice Hanna Rovina du théâtre Habima de Jérusalem et le journaliste Yeoshua Tampaï.

 

En 1939, David épouse Miriam Tal, critique d’art rencontrée un an plus tôt lors de son exposition personnelle dans la prestigieuse Schlosser Gallery à Jérusalem. De leur union naquit en 1941 leur fille Rama.

 

En 1942, il s’engage comme volontaire dans l’unité juive de la VIIIème armée britannique, sous le commandement du Maréchal Montgomery, et participe à la campagne d’Afrique du Nord puis à celle d’Italie.

 

David est affecté dans une unité spécialisée dans le camouflage pour ses compétences de menuisier et de plasticien. Son équipe construisait des leurres tactiques pour tromper l’ennemi.

 

Avec l’aide de son commandant, amateur d’art, et l’accord exceptionnel de Montgomery, il obtient l’autorisation et le matériel pour continuer à sculpter, malgré les difficultés liées à la vie d’un camp militaire itinérant.

 

Après sa démobilisation en 1945, les bustes d’officiers et d’amis de l’unité de David Malkin font l’objet d’une exposition organisée par le Centre culturel de l’armée britannique à Jérusalem.

 

En 1947, il expose ses sculptures au Centre Hahalutzot (Institut Ben-Zvi) de Jérusalem et reçoit une bourse du Comité mixte de distribution et de l’Agence juive de Jérusalem décernée aux artistes-soldats qui s’étaient distingués durant la guerre.