Shoah obsédante

David Malkin réalise dans les années 70 une série de visages de victimes de la Shoah. Il choisit comme support un papier velours noir qui absorbe la lumière.

 

Interprétations à partir de documents consultés ou émergences de l’inconscient, tels des fantômes qui reviendraient témoigner de leur martyr ? Ces victimes hantent ses cauchemars nuit après nuit. 

Certains hurlent de souffrance physique et de détresse morale. D’autres sont au contraire muets, tétanisés, intériorisant leur déchirement. Seul leur regard exprime l’effroi de leur condition. Mais tous conservent cette humanité que les nazis leur niaient.

David Malkin, du fait de cette catharsis, réussit à traduire autrement ces témoignages dramatiques sous forme de visages grimaçants intégrés au sein de ses compositions abstraites. Il nous invite à les deviner. Une fois découverts, ils s’imposent à nous et nous hantent.

Ces témoins transcendant l’oubli apparaissent même dans des compositions apparemment lumineuses.

A ce sujet, il était convaincu que le drame est encore plus poignant quand il est traduit par des couleurs claires plutôt qu’avec l’obscurité des ombres.